VIN BIO OU PAS ?

Le vin bio est de plus en plus présent dans les esprits. On le retrouve partout mais difficile de s’y retrouver parmi tous les labels. BIO, BIODYNAMIQUE, NATUREL : je vais vous donner les bases afin de mieux comprendre ce qu’est le vin bio et ce que n’est pas un vin bio.

C’EST QUOI UN VIN BIO ?

Autant commencer par là ! Pendant longtemps, le bio, ça ne concernait pas grand monde (et pas que pour le vin). Pourtant les premiers vignerons à travailler leurs vignes en culture biologique n’ont pas attendu les premiers labels AB.


Jusqu’en 2012, avec l’appellation AB (Agriculture Biologique), seul
le raisin était bio. On parlait de vin issu de l’agriculture biologique. Depuis, l’Europe a créé un label commun : vin biologique.

Désormais, le raisin et le vin sont bio cependant certains intrants chimiques restent autorisés lors de la vinification.

BIO, BIODYNAMIQUE OU NATURE

Beaucoup de gens prennent peur quand on leur parle de vin bio.

 « Ah non ! Je ne veux pas un vin qui sente l’étable »

Et bien, ça tombe bien, je suis tout à fait de votre avis ! Comme à chaque fois, je vous rappelle qu’il existe des mauvais vins partout, bio ou pas ! L’avantage des mauvais vins, c’est qu’ils permettent de mettre en valeur les bons.

Voici les différences entre les vins bios, biodynamiques, naturels et les autres :

BIO

L’agriculture biologique est soumise à un cahier des charges interdisant entre autresl’utilisation d’engrais ou de produits phytosanitaires de synthèse, ou encore de produits chimiques (pesticides, insecticides, fongicides, engrais, etc.).

 Le vigneron qui élabore un « vin bio » essaie de renforcer au maximum les défenses de la vigne pour limiter les traitements. Toutefois, contre les maladies les plus fréquentes (mildiou, oïdium), les traitements au soufre et à la bouille bordelaise (à base de cuivre) sont le plus souvent utilisés.

Le bon travail d’un vigneron demande du temps : c’est pourquoi élaborer un vin bio demande 20% à 30% de main d’œuvre supplémentaire par rapport à une agriculture conventionnelle.

3 ans au minimum sont nécessaires pour se faire certifier en bio. Pendant ces 3 années, le vignoble est en « conversion bio » : il se doit de respecter la réglementation sur les produits bio, est suivi par l’organisme de certification qui s’assure du respect de cette règlementation mais n’est pas considéré comme « vin bio ».

LES PURISTES : 

BIODYNAMIQUE

La biodynamie, validée par des labels comme Demeter ou Biodyvin, est née en 1924 dans la tête de Rudolf Steiner. Il s’agit d’un modèle d’agriculture plus respectueuse de la nature et de son environnement.

Petite explication de mon ami Wiki
Cette démarche utilise le concept d’« organisme agricole » qui consiste à regarder toute exploitation agricole comme un organisme vivant, le plus diversifié et le plus autonome possible, avec le moins d’intrants en ce qui concerne le vivant (plants, semences, fumure…).

Cette méthode utilise des préparations à base de plantes censées activer ou maîtriser les « forces cosmiques » des planètes, présentes dans le sol, afin de soutenir un bon processus végétatif et limiter le développement des parasites. C’est l’emploi de ces préparations reposant sur des principes ésotériques dont la prise en considération de l’influence supposée des rythmes lunaires et planétaires, qui différencient principalement l’agriculture biodynamique de l’agriculture biologique.

En clair
La biodynamie se veut au plus proche de la nature et en équilibre avec l’influence de l’homme.

NATUREL

Tout d’abord, il faut savoir que, pour le vin naturel, il n’existe pas de législation pour encadrer les pratiques du vin naturel. Chaque vigneron est responsable de sa transparence et de son honnêteté envers le consommateur.

En vin naturel, le vin ne doit subir que le minimum d’intervention de l’homme. Et bien entendu aucun produit chimique ne pourra être utilisé que ce soit dans la vigne ou dans le vin. À l’exception d’une infime quantité de souffre à l’embouteillage.

LES AUTRES CATÉGORIES :

VINS SANS SULFITES

Pour ma part, je trouve que la mention « sans sulfite » est équivalente de la mention « sans sucre ». Si c’est pour enlever un produit pour le remplacer par d’autres souvent plus nocifs et en plus grande quantité, je n’en vois pas l’intérêt !

Et surtout « sans sulfite » ne veut pas dire bio !

VIN VÉGAN

On en parle de plus en plus donc, je me dois de vous en parler. Les vins végans s’engagent à ne pas utiliser de produits animaux dans leurs vins (cela concerne essentiellement le collage* fait avec des blancs d’oeufs) ainsi que de ne pas utiliser d’animaux dans les travaux de la vigne (chevaux, ânes, bœufs, etc).

*Le collage permet de clarifier un vin, le rendre plus limpide et lumineux

VIN RAISONNÉ

Ce sont des vins en agriculture conventionnelle mais qui décident de limiter le nombre de produits chimiques. Aussi bien dans la vigne que dans le vin. Certains de ces vins pourraient être bio mais préfèrent se garder la possibilité de traiter pendant les périodes plus difficile.

 LES SULFITES : BIO OU PAS !

Depuis 2005, les vignerons doivent indiquer si leurs vins contiennent plus de 10mg/l de sulfites. Pourtant, les levures présentes naturellement peuvent déjà produire environ 25 à 30 mg/l de souffre lors d’une fermentation malo-lactique. Les sulfites sont des conservateurs qui permettent aux vins de mieux se stabiliser et de ne pas tourner au vinaigre.

Les sulfites sont également utilisés dans le reste de l’agro-alimentaire comme pour le jambon par exemple.

LES LABELS BIO : COMMENT S’Y RETROUVER !

Je ne parlerais, pour cet article, que des labels bio les plus reconnus mais il existe bon nombre d’autres labels bio pour lesquels je vous laisserai être seul juge.


TERRA VITIS : Il s’agit du label le plus permissif. Les adhérents s’engagent à diminuer la quantité d’intrants chimiques aussi bien dans la vigne que dans le vin. Cependant, ils ont la possibilité de traiter la vigne en cas de maladies et/ou de difficultés.


AB (Agriculture Biologique)
: Le label était utilisé jusqu’en 2012 et garantissait que le raisin était bio. Il est maintenant remplacé par le label européen : VIN BIO.


VIN BIO
: Ce label européen existe depuis 2012 et vient compléter le logo AB. Il permet de labelliser le vin en plus du raisin et de la vigne. Seulement, de la Hongrie et le sud du Portugal, il est difficile de fédérer tous ces climats autour d’un label commun. Du coup, ce label reste très permissif.

PLUS BIO QUE BIO !


DEMETER
: C’est de très loin mon préféré avec le suivant. Ce label biodynamique contrôle et teste tous les vins de son label. Il s’agit donc d’un label qui s’engage autant dans son respect de l’environnement et dans la qualité de ses vins.


BIODYVIN
: Idem que pour Demeter. À la différence que celui-ci est un peu plus restrictif. Mais les labels Demeter et Biodyvin suivent les mêmes lignes de conduite.


NATURE ET PROGRÈS
: J’aime beaucoup leur propre définition donc je vous la transmet telle quelle :
Fondée en 1964 en réaction à l’industrialisation de l’agriculture, Nature & Progrès milite encore aujourd’hui pour le développement de l’agriculture biologique – non pas au sens du règlement européen mais en tant que véritable alternative sociale – pour une économie à taille humaine et pour une dynamique sociétale participative et horizontale. Le projet associatif de Nature & Progrès est développé dans sa charte.

À noter également : les vins S.A.I.N.S (Sans Aucun Intrant Ni Sulfite), l’AVN (Association des Vins Naturels), H.V.E(Haute Valeur Environnementale).

MAINTENANT QUE VOUS SAVEZ ! 

Voilà, maintenant vous avez en tête les grandes familles de vins en France. Parlons franchement ! Je sais très bien que le sujet des vins bios est souvent sujet à débat et à critique.

Pour ma part, je trouve qu’il n’y a qu’une seule question à se poser :  

Prenez-vous du plaisir à boire ce verre de vin ?

Je suis un grand fan de la biodynamie car je trouve que globalement ce sont les vins qui offrent le meilleur rapport plaisir/prix. Pour les vins bios (AB ou vin bio) : ces labels ne sont absolument pas un gage de qualité. Et pour les vins naturels… comment dire ! Je suis intimement persuadé que les producteurs de vins naturels optent pour la meilleure des démarches en termes d’agriculture et de production. Cependant, en 10 ans, je n’ai que très rarement goûté de vins naturels dignes d’être retenus. Donc pas de vins naturels pour ma part, ils sont trop instables et bien souvent trop chers.

De plus, il est souvent très difficile de communiquer avec les amateurs de vins naturels (cavistes, vignerons et/ou consommateurs). Chaque demande de conseil se transforme bien souvent en leçon magistrale sur mon manque d’ouverture d’esprit et de connaissances en « vrai » vin.

Du coup en termes de rapport plaisir/prix, On repassera ! C’est très compliqué de devoir se faire engueuler pour avoir l’ « immense honneur » d’acheter une bouteille de mauvais vin à 25 euros. 

Mais je tiens à rajouter que malgré mon point de vue plutôt tranché. Les plus curieux d’entre vous auront sûrement la chance de tomber sur « LE » merveilleux vin naturel qui changera votre vision de ces vins. Je vous le souhaite. Je me le souhaite.

AGRICULTURE CONVENTIONNELLE OU BIOLOGIQUE

Il me semble évident qu’avec les enjeux actuels d’écologie, il est préférable d’acheter du vin bio ou biodynamique. Pour ce qui est du vin naturel, je vous laisserai suivre vos propres convictions.  

Cependant, garder à l’esprit que le « bon » vin bio est souvent plus rond et plus digeste. Je finirais comme presque tous mes articles en vous disant qu’il faut toujours boire ce qui vous fait plaisir.  

Sinon, autant ne boire que de l’eau !

Dites-moi en commentaire si vous préférez les vins en agriculture conventionnelle, bio, biodynamique et/ou naturel; pour vous connaître un peu mieux et surtout parce que ça me fait toujours super plaisir de vous lire 😉

Enfin, n’oubliez pas de partager cet article sur vos réseaux afin que demain, vous et tous vos ami(e)s puissent mieux connaître le vin. 

A très vite,

Corentin – DesVinsaVous

VIN BIO OU PAS ?
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