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Les niveaux d'appellation et les cépages des côtes-du-rhône

Les niveaux d'appellation et les cépages des côtes-du-rhône

Un côtes-du-rhône rouge ou rosé repose sur trois cépages principaux, le grenache noir, la syrah et le mourvèdre, que complètent une vingtaine de cépages accessoires. Le cahier des charges impose au moins deux de ces trois cépages dans l'assemblage, dont toujours le grenache.

Quatre étages d'appellation, du régional au cru

Le nom « Côtes du Rhône » recouvre plusieurs appellations emboîtées, reconnues à des dates différentes : l'AOC régionale Côtes du Rhône date du décret du 19 novembre 1937, l'AOC Côtes du Rhône Villages du décret du 2 novembre 1966. Plus on monte dans la hiérarchie, plus l'aire se resserre et plus les règles se durcissent.

NiveauCe que dit l'étiquetteRendement de référenceTitre naturel minimal (rouges)
RégionalCôtes du Rhône51 hl/ha11 % vol. au sud, 10,5 % vol. au nord
VillagesCôtes du Rhône Villages44 hl/ha12 % vol.
Villages avec nom géographiqueCôtes du Rhône Villages suivi d'un nom (Visan, Séguret, Plan de Dieu...)41 hl/ha12,5 % vol.
CruNom du cru seul (Gigondas, Cornas, Tavel...)Fixé par chaque cahier des chargesFixé par chaque cahier des charges

Le cahier des charges des Côtes du Rhône Villages en vigueur énumère vingt et une dénominations géographiques complémentaires, de Chusclan à Visan en passant par Gadagne, Massif d'Uchaux, Nyons, Puyméras, Rochegude, Sablet, Sainte-Cécile, Signargues, Suze-la-Rousse, Vaison-la-Romaine ou Valréas. Certaines sont réservées aux rouges, d'autres couvrent aussi les blancs et les rosés. Au sommet, les crus sont des appellations autonomes, présentées dans la page sur le Rhône septentrional et le Rhône méridional. Plus à l'ouest, au-delà du Gard rhodanien, commence l'aire des appellations du Languedoc, dont la hiérarchie se lit autrement.

Grenache, syrah, mourvèdre : les cépages principaux des rouges

Pour les rouges et les rosés, le cahier des charges de l'AOC régionale distingue deux exigences : l'une porte sur la vigne de l'exploitation, l'autre sur le vin en cuve.

À la vigne : les proportions de l'encépagement

  • Les trois cépages principaux occupent au moins 70 % de l'encépagement.
  • Le grenache noir en représente au moins 30 %, sauf pour les exploitations situées au nord du parallèle de Montélimar.
  • La syrah et le mourvèdre réunis atteignent au moins 20 %.
  • Les cépages blancs ne dépassent pas 5 % pour les rouges et 20 % pour les rosés.

En cuve : la règle d'assemblage

Les rouges et les rosés sont issus de l'assemblage d'au moins deux cépages principaux, dont obligatoirement le grenache, et ces cépages principaux forment au moins 60 % du vin. Les exploitations du nord échappent à l'obligation du grenache : un côtes-du-rhône de ce secteur peut ne contenir qu'un seul cépage principal, en pratique la syrah. Pour les côtes-du-rhône villages, les seuils montent : grenache à 40 % au moins de l'encépagement, syrah et mourvèdre à 25 %, cépages principaux à 66 % de l'assemblage.

Les cépages blancs et les accessoires du cahier des charges

Les blancs reposent sur six cépages principaux : bourboulenc, clairette, grenache blanc, marsanne, roussanne et viognier. Ils doivent couvrir au moins 80 % de l'encépagement, et le vin est majoritairement issu de ces variétés. Les accessoires admis pour les blancs sont la clairette rose, le grenache gris, le piquepoul blanc et l'ugni blanc.

La liste des accessoires des rouges et rosés est plus longue : carignan, cinsaut, counoise, muscardin, terret noir, piquepoul noir, brun argenté (appelé localement camarèse ou vaccarèse), caladoc, couston et marselan, ainsi que plusieurs cépages blancs. Le caladoc, le couston et le marselan sont plafonnés ensemble à 10 % de l'encépagement. Le cahier des charges ouvre aussi une petite place à des « variétés d'intérêt à fins d'adaptation » (carignan blanc, floréal, rolle, vidoc), limitées à 5 % de la surface et à 10 % de l'assemblage, sous convention avec l'INAO : elles servent à tester des réponses au réchauffement et aux maladies.

Lire l'étiquette d'un côtes-du-rhône

Ce que dit, et ne dit pas, une étiquette rhodanienne

  • Le niveau d'appellation se lit au nom : « Côtes du Rhône », « Côtes du Rhône Villages », un nom de village ajouté, ou un cru seul.
  • Le nom d'un cépage n'est pas obligatoire et figure rarement ; l'assemblage reste la règle.
  • La mention « primeur » ou « nouveau » n'existe qu'en AOC régionale, pour les rouges et les rosés.
  • Le degré indiqué dépasse le titre naturel minimal de l'appellation, avec la tolérance d'étiquetage expliquée dans la page sur le degré d'alcool du vin.

La couleur ne renseigne pas sur la méthode. Un rosé de l'appellation peut contenir jusqu'à 20 % de cépages blancs à la vigne, mais il n'est pas un mélange de vin rouge et de vin blanc, interdit pour les vins tranquilles : la page sur la fabrication du rosé détaille les méthodes autorisées. Pour situer les autres appellations françaises, la rubrique consacrée à la lecture des appellations rassemble les guides par région.

Quatre questions sur l'encépagement rhodanien

Un côtes-du-rhône peut-il être 100 % syrah ?
Seulement s'il vient d'une exploitation située au nord du parallèle de Montélimar, où le vin peut être issu d'un seul cépage principal. Au sud, l'assemblage d'au moins deux cépages principaux avec du grenache est obligatoire.
Pourquoi des cépages blancs dans un vin rouge ?
C'est un usage ancien du Rhône méridional : quelques pieds blancs, vinifiés avec les noirs, apportent de la finesse et stabilisent la couleur. Le cahier des charges en limite la part à 5 % de l'encépagement pour les rouges.
Le viognier n'est-il pas un cépage du nord ?
Il est le cépage des appellations Condrieu et Château-Grillet, au nord, mais figure aussi parmi les six cépages principaux des côtes-du-rhône blancs, au nord comme au sud.
Un village qui n'a pas de nom sur l'étiquette est-il moins contrôlé ?
Non, il relève simplement d'un autre niveau. Le côtes-du-rhône villages sans nom géographique suit des règles plus strictes que l'AOC régionale ; le nom ajouté impose en plus un rendement plus bas et un titre naturel plus élevé.

Sources : cahier des charges de l'AOC Côtes du Rhône et cahier des charges de l'AOC Côtes du Rhône Villages, homologués par arrêtés et publiés au Bulletin officiel du ministère de l'Agriculture (fiches produits INAO).

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