BORDEAUX : CAPITALE MONDIALE DU VIN ? PAS SI SÛR !

Je ne vais pas me faire que des copains en commençant comme ça ! Je le sais… c’est fait exprès car pendant longtemps (et encore un peu maintenant) la région bordelaise soutenait une réputation de grandeur. Pas toujours facile à porter et pas toujours exact.

BORDEAUX, C’EST QUOI ? C’EST OÙ ? C’EST QUAND ?

Tout d’abord, il y avait le début. Dans la région bordelaise, il faut savoir que pendant longtemps celle-ci était occupée par d’immenses marais qui recouvraient les deux rives de la Gironde. Vers le 12ème siècle, les eaux se sont retirées vers l’océan Atlantique en prenant soin de mélanger et de brasser tous les sédiments présents dans la terre. C’est ce qui créera la richesse et la noblesse du terroir bordelais.

Faisons ensuite un bond en 1855, l’année du classement des grands crus classé du Médoc. C’est à ce moment que l’on a inscrit le nom des châteaux dignes de créer l’histoire. Seul une exception de changement à ce jour : Mouton Rothschild, passé de deuxième à premier cru en 1973 par le ministre de l’Agriculture, Monsieur Jacques Chirac. Sûrement la première et dernière modification apportée à ce classement.

En parallèle, l’appellation de Saint-Émilion s’organise et décide de statuer sur son propre classement des grands crus. Le premier classement des grands crus de Saint-Émilion se fera en 1955. Le but étant de mettre à jour tous les 10 ans ce classement. Ce qui en soit est une excellente idée mais souvent beaucoup plus difficile à exécuter ! (2 classements ont déjà été annulés et/ou reportés)

Et les autres dans tout ça ? Ne vous inquiétez pas. J’y reviens très vite…

CÔTE, CÔTE, CÔDEC !

Mais ce qui fait aujourd’hui la réputation et la richesse des vins de Bordeaux, ce sont également les prix. Le prix des grands noms du vin monte un peu plus chaque année qui passe. Château Margaux, Pétrus, Château Yquem : autant de noms prestigieux qui font rêver et qui font peur… 950, 1450, 2500, 4999… Non ! Ça ne sont les coordonnées de la plus grande cave du monde mais bien les tarifs de ses coûteux flacons. Et oui, car même sans aller dans des extrêmes, les grands vins de Bordeaux sont chers ! 

« Mais pourquoi donc ? », me demanderiez-vous ? Et vous auriez raison. Pour la plus simple des raisons : il n’y en a pas pour tout le monde. Et à ça, la loi du marché est très strict : la bouteille part au plus offrant ! 

En vrai, cela ne me pose aucun problème. Ce qui m’embête là-dedans, c’est le fait que ces bouteilles terminent très souvent dans des collections privées, où elles ne sont que malheureusement très rarement ouvertes et dégustées.

C’est là que réside ma frustration. Le vin est magique, le vin est une passion et ne devrait avoir que pour seul but de représenter l’héritage d’un vigneron et le plaisir d’un diner partagé. 

DU COUP, IMPOSSIBLE DE SE FAIRE PLAISIR AVEC UN GRAND CRU ?

Mais non voyons ! Comme vous y allez ! Je ne vais pas vous laisser comme ça avec des questions sans réponse. Venez avec moi, je vais vous montrer comment y remédier.

Je ne dis pas qu’il ne faut jamais se faire plaisir avec une bonne bouteille d’un grand cru classé. Moi-même, j’adore déguster, avec des amis aussi savoureux que le dîner, une bouteille de Château Olivier, Pessac Léognan, qui coûte dans les 30/35 euros selon le millésime. Il existe mille vins à plus faible coût mais le plaisir réside aussi dans le fait de s’offrir et d’offrir un « Grand cru classé ».

Il faut savoir qu’un grand vin coûte en moyenne 15 euros à produire. Au-delà, ce n’est que le prix du marketing, de la réputation, et de la côte. 

Et rien de plus parlant qu’un petit exemple :

Regardons les différences entre Cos d’Estournel et Château Durfort Vivens. 

Pourquoi une telle différence de prix ? La qualité n’a rien à voir dans le prix, ce sont deux excellents vins (pour avoir eu la chance de déguster et visiter les deux châteaux). 

Il se trouve que le Château Durfort Vivens, jusque dans les années 70, vendait son raisin au château qui se situait de l’autre côté de la route, qui n’est nul autre que le Premier Grand cru Château Margaux… Faute d’avoir produit du raisin (bio en plus)et à défaut de marketing et de communication, la côte est restée basse pendant des années. Malheureusement pour nous, ils se sont rattrapés depuis car le prix de ce Margaux monte légèrement chaque année. 

Quelles alternatives alors ? Faut-il arrêter de boire du Bordeaux ?

Sûrement pas ! Grand Dieu Bacchus, non ! Il existe, bien heureusement plein d’alternatives. Et oui car la région ne se résume pas à ces grands crus, ou encore aux Médoc et aux Saint-émilion. Le Bordeaux est grand et pas seulement en prestige. Bordeaux est également riche de sa diversité : Côtes de Blaye (à prononcer comme bon vous semble!), Côtes de Bourg, Entre-deux-mers, Cadillac, Castillon… et tant d’autres ! 

Il faut savoir que dans la plupart de ces appellations, il n’existe aucun système de classification. Du coup, le plus simple reste de poser la question à son caviste de confiance. Ensuite, à prix égal, il faudra mieux choisir l’appellation la moins connu. À choisir entre un Bordeaux supérieur à 9€ et un Saint-émilion à 9€, je prendrais le premier sans beaucoup d’hésitation. Le vin, c’est comme le reste. On n’échappe pas à la règle : plus c’est connu, plus c’est cher ! 

DÉFI CONFORT : Prenez des risques ! Vous achetez une bouteille de vin, pas un appartement. Ensuite, venez partagez vos impressions. Vous serez d’autant plus fier de vous, si vous réussissez à trouver LA bouteille.

Où trouver du bon Bordeaux ? Comment choisir une bonne bouteille ?

Je ne le répèterai jamais assez ! La plus facile des solutions est de vous rendre chez votre caviste. S’il a du talent, il saura vous conseiller et vous trouver le vin qui vous convient et au prix qui vous convient ! Ce dernier point est primordial ! Après, ne vous attendez pas à obtenir un grand cru en biodynamie pour le prix d’un vin de pays ! 

Pour un bon Bordeaux, compter entre 7 et 15 euros. Autorisez-vous un peu plus pour les jours de fête. Et promis, le caviste ne mord pas. Et s’il mord c’est qu’il ne mérite pas votre temps et encore moins votre argent.

Mais comme, je sais que pour certains la marche à franchir pour entrer chez un caviste parait énorme, je vous donne mon petit guide de survie pour bien acheter votre bouteille de Bordeaux pour votre repas de samedi soir. (Ces vins ont été choisis par mes soins afin de s’accorder pour un apéro avec tapas, ou encore une viande rouge grillée).

En Supermarché :

Petit Soutard – 13,90€ – E.Leclerc
Le Bordeaux de Maucaillou – 5,99€ – E.Leclerc
Château Pontet La Gravière – Collection Prestige – E.Leclerc

Pavillon de la Tourelle – Haut-Médoc – 9,50€ – Auchan

Château Mayne-Guyon – 7,99€ – Monoprix
Château de Reignac  – 10,79€ – Monoprix

Chez le caviste chaîné :

Château Suau (Bio) – 9,40€ – Nicolas
Château Camarsac Cuvée Prestige – 14€ – Nicolas

Château Vieux Manoir – 7,60€ – Repaire de Bacchus
Clos des Lilas – 9,50€ – Repaire de Bacchus

Chez le caviste indépendant :

C’est lui qui a fait sa propre sélection. Je lui laisserai défendre et choisir lui-même ses conseils. Après tout, c’est son métier !

Voilà ! Rien n’a retenu mon attention chez Carrefour pour cette fois. Ceci n’est qu’une sélection et n’est pas figée. Partagez, vous aussi, vos propres coups de cœur et/ou impressions. 

Enfin, cette petite sélection ne représente que ma perception d’un bon rapport qualité/prix pour les vins de Bordeaux rouges. Mais au moins avec ces bouteilles vous pourrez faire plaisir à vos invités ou à vos hôtes pour votre prochain dîner…

ET LE VIN BLANC ALORS !!! IL EST FOU LUI !

Ah bah oui quand-même ! On ne peut décemment pas oublier les vins blancs, ainsi que les vins rosés. 

Tout d’abord, pour les vins rosés,  la région bordelaise compte deux types de rosés. Le classique rosé frais et léger fait à partir de cabernet sauvignon, cabinet franc et merlot. Mêmes cépages mais majoritaire sur le merlot pour la deuxième catégorie de rosé : les bordeaux clairet. 

Les clairets sont l’origine du vin. Historiquement, le clairet était rose car l’on mélangeait indifféremment les cépages rouges et blancs en même temps. Aujourd’hui, il s’agit d’un rosé à part entière, au caractère de fruits rouges prononcé grâce à une macération plus longue que pour le Bordeaux rosé (entre 24 et 48h)

Même si souvent on préfèrera les rosés du sud de France et de Provence, il ne faudra plus négliger les rosés et clairets de Bordeaux car ils savent être de magnifiques compagnons pour les grillades et apéros des premiers beaux jours !

Pour le vin blanc, il y a aussi deux catégories… mais c’est une autre histoire car je vous prépare un autre dossier sur les vins blancs de Bordeaux. Au programme, il y aura des fruits de mer, des blancs, des sauternes, du foie gras mais pas seulement…

A suivre…

BORDEAUX : CAPITALE MONDIALE DU VIN ? PAS SI SÛR !
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